Héraklion


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Le visiteur pourrait être un peu surpris par les changements qui se déroulent dans le chef-lieu de Crète. Héraklion célèbre son passé riche tout en avançant vers un avenir plein de potentiel. Dans le passé, le nombre d’autos en circulation rendait difficile la promenade au centre-ville. Dorénavant, vous trouverez de grands espaces sans trafic. Vous pouvez profiter d’une promenade dans une des villes méditerranéennes les plus fascinantes qui combine les gens amicaux par tradition, les beaux bâtiments, les espaces publics ouverts et une vue sur la mer. Écoutez les histoires que racontent les monuments de la ville sur l’île qui donné naissance à des dieux et à des révolutions et laissez-vous inspirer par l’esprit de Crète.

De nos jours, Héraklion partage sa vie entre des courants rapides de régénération et un profond désir de préserver les liens avec le passé. Ces deux caractéristiques en définissent le caractère. Au cours des cent dernières années, pour ne citer que celles-ci, on a vu d’énormes changements dans les bâtiments et les rues de la ville qui reflètent le destin changeant de la Crète. Le vieux-Héraklion est d’origine médiévale et, offre aux visiteurs des parcours extraordinaires au cœur de la ville.

Si vous entamez une promenade dans Héraklion, en partant du port de pêcheurs qui se trouve près du port moderne, vous serez d’abord frappé par la forteresse vénitienne, à l’entrée du port. Elle fut construite par les vénitiens et portait le nom de Rocca al Mare. À présent, elle est connue sous son appellation turque, « Koulès ». Son histoire n’est pas uniforme. Pendant plusieurs siècles, tout comme les remparts et les fosses de la ville, elle remplissait une mission de protection contre les envahisseurs. Les murailles figurent parmi les plus longues d’Europe.

En regardant vers la ville, vous verrez les puissantes arcades de l’arsenal, où l’on gardait les navires à réparer et l’on stockait les munitions. On considérait que la plus grande menace qui pesait sur le bastion vénitien qu’était Héraklion -ou Candia, comme on l’appelait- viendrait de la mer et, effectivement, plusieurs batailles navales eurent lieu au large de cette côte. La vue vers le Nord inclut l’île inhabitée de Dia, où les vestiges d’un ancien établissement minoen (datant de 2700-1450 avant J.-C.) furent découverts par le plongeur Jacques Cousteau. Vous pouvez réserver des excursions en bateau auprès de toutes les agences de voyages qui se trouvent au centre-ville d’Héraklion, ainsi que des excursions vers d’autres sites d’intérêt.

La rue du 25 août

La rue du 25 août est une rue piétonne qui se trouve juste en face de l’ancien port et qui mène à la Place du Lion. Elle est appelée ainsi en hommage à un massacre qui eut lieu à cet endroit, le 25 août 1898. Plusieurs Crétois ainsi que certains citoyens britanniques ont été tués par les Turcs. C’est à la suite de cet évènement que les ‘Grandes puissances’ (Grande-Bretagne, France et Russie) ont contraint les Ottomans à reconnaître les difficultés de la Crète. Cet incident a entraîné la proclamation de l’État crétois et, ensuite, l’unification de l’île avec la Grèce, en 1913.

Une fois passées les boutiques et les agences de tourisme, on arrive à la cathédrale Saint-Tite, un édifice remarquable. Saint Tite, compagnon de voyage de saint Paul, a prêché l’Évangile sous l’occupation romaine et s’était également rendu à Gortys où une basilique du VIIe siècle fut érigée en sa mémoire. L’église qui lui est consacrée à Héraklion fut bâtie à la deuxième période byzantine et, au départ, était la cathédrale de la ville. Sous l’occupation vénitienne, elle était le siège de l’évêque catholique et fut rénovée en 1466, avant d’être détruite par un incendie, en 1544. Sous l’occupation turque, elle fut convertie en mosquée, le Vizier Tzami, et un minaret lui fut ajouté. Celui-ci n’existe plus, à présent. La structure actuelle de l’édifice est le résultat de rénovations réalisées après sa destruction quasi-complète à la suite d’un séisme en 1856, et de travaux réalisés en 1922. En 1956, le crâne de saint Tite y fut transféré depuis Venise et, depuis, il est conservé dans l’église. Si la cathédrale est ouverte, vous ne manquerez pas de trouver la visite intéressante.

Un peu plus loin, vous découvrirez l’édifice vénitien de la Loggia, qui servait de Club de réunion et de détente de la noblesse. La Loggia est un merveilleux exemple d’architecture vénitienne. Elle fut construite au XVIe siècle et se trouvait sur la Piazza dei Signori (Place des autorités administratives). Aujourd’hui, la Loggia héberge une partie des services de la Ville d’Héraklion. En 1987, la Loggia a reçu le premier prix Europa Nostra, pour le monument européen de l’année le mieux rénové et préservé.

La basilique Saint- Marc, qui est à proximité de la Loggia, est à présent convertie en Galerie d’art municipale et accueille souvent différentes expositions où l’entrée est presque toujours libre. Construite en 1239 sur la Piazza delle Biade (la place des Lames), elle était jadis la cathédrale de Crète. La basilique appartenait au Duc régnant et devenait également son lieu de sépulture. En mai 2006, la basilique accueillit la première conférence internationale sur l’éthique et la politique, avec des participants venus du monde entier.

Liondaria, ou la Place des Lions

C’est le cœur d’Héraklion, là où les touristes et les gens du pays partagent le petit espace autour de la fontaine en échangeant des regards et, parfois, quelques mots. Ici, les affaires et le plaisir se marient et c’est un lieu où tous se retrouvent, quelle que soit leur activité ou simplement pour flâner. Pour en dire un peu plus, elle pourrait également être appelée « Fontaine Morosini » ou, en grec, « Liondaria », ou, encore et plus correctement, « Plateia Eleftheriou Venizelou », d’après Venizélos, le plus grand homme d’État Grec d’origine crétoise. La fontaine est composée de huit bassins et ornée de reliefs en pierre représentant des personnages de la mythologie grecque : des nymphes, des tritons, des monstres marins et des dauphins. Le bassin principal est soutenu par quatre lions assis qui équilibrent une balle sur la tête. Francesco Morosini l’avait construite pour célébrer le succès des vénitiens : ils avaient réussi à amener l’eau du Mont Youhtas au centre de la ville, grâce à un système ingénieux. Morosini était encore en fonction lorsque les Ottomans envahirent la ville. De nos jours, la fontaine est toujours intéressante. Elle est le cœur autour duquel Héraklion évolue.

Vous n’aurez besoin d’avoir faim ici. La ‘bougatsa’ (gâteau en pâte feuilletée, farci à la crème pâtissière) fera un excellent petit déjeuner. Dans les environs, vous trouverez encore de nombreux lieux où on peut déguster une omelette, une crêpe ou un souvlaki. On vous offrira toujours un verre d’eau dès vous vous asseyez quelque part pour commander. Près de la place, vous préférerez peut-être la rue Handakos rénovée qui est désormais une rue piétonne. Handakos, un passage animé depuis les temps anciens, est un lieu attrayant pour se promener, faire des achats ou se reposer.

Le Marché

Flânez dans la rue ‘Agora’ ou du Marché, qui fut nommée ‘Rue 1866’, d’après un soulèvement crétois. Les habitants d’Héraklion se rendent tous les jours à cette rue du Marché pour y acheter des chaussettes, des blouses, des herbes aromatiques, du poisson et de la viande fraiche. C’est un bon endroit pour trouver du miel de thym et du raki (l’eau-de-vie crétoise). Ici, l’on trouve des boutiques qui vendent de tout, des collections de musique crétoise au meilleur fromage. Ce marché a une longue histoire et est toujours un lieu pour se rencontrer et pour faire des projets. Baladez-vous dans les ruelles adjacentes qui sentent bon la cuisine crétoise et qui grouillent d’animation. Ici, les cafés ne font de grande distinction entre Grecs et étrangers. Pas plus que les établissements de restauration bon marché qui servent de bons plats à tous leurs convives. À la fin de la rue, au dernier tournant, se trouve le marché aux poissons et quelques petits « coins à ouzo » (plus petits et moins formels que les tavernes) qui, la nuit, sont pleins et proposent d’excellents et simples plats aux fruits de mer.

La ‘Plateia Kornarou’ se trouve en haut du marché, ornée d’une belle fontaine vénitienne, la Fontaine Bembo, probablement la plus ancienne. Elle présente quelques très beaux ornements, bien qu’elle n’offre plus d’eau. La fontaine Bembo a été construite en 1588 par l’architecte vénitien Zuanne Bembo. Elle est ornée de colonnes, d’armoiries de familles vénitiennes et d’une statue d’homme sans tête, qui provient d’Ierapetra. Dans le temps, l’on croyait que la statue était dotée de pouvoirs surnaturels et, tous les mois de mai, des cérémonies religieuses se tenaient en son honneur. Le kafeneio à l’ambiance très particulière se trouve juste en face et propose toujours le café et l’apéritif préparés dans un pavillon central bâti en pierre est un lieu qui sort tout droit du passé ottoman de la Crète. La Plateia même fut nommée d’après Vitsentzos Kornaros (1553 à environ 1614), qui était l’auteur du poème épique ‘Erotokritos’ qui est régulièrement mis en scène et présenté en Crète et éveille encore la fierté dans tout cœur crétois. Ici, vous vous trouvez près de la cathédrale de Saint-Minas ou, dans l’autre direction, près de la Place Eleftherias.

La cathédrale de Saint-Minas

La cathédrale est consacrée au saint-patron d’Héraklion et est une des plus grandes églises de Grèce. Elle a été endommagée lors des luttes pour la libération de la ville trente ans auront été nécessaires pour la reconstruire. Son inauguration, en 1896, fut accompagnée de riches célébrations. Une splendide collection d’icônes est exposée dans l’église aux murs puissants et bien plus ancienne de Saint-Minas et Sainte-Ekaterini (sainte Catherine), dont la construction remonte à 1555. Au XVIe et XVIIe siècles, elle était une célèbre école de peintres et d’écrivains de la Renaissance. À l’intérieur de l’édifice, vous pourrez voir des œuvres de Michel Damaskinos et d’autres représentants de l’école crétoise.

Plateia Eleftherias ou Place de la Liberté

La Place Eleftherias, spacieuse et en forme de croissant de lune, se trouve le long du Musée archéologique et près des bâtiments de l’administration locale d’Héraklion et des principaux consulats. Le parc ombragé Georgiadis est le lieu idéal pour se détendre tout en observant le carrefour le plus animé d’Héraklion. Du côté de la place qui se trouve en face de la mer se dresse la porte Saint-Georges qui, depuis l’ère vénitienne, était le point de passage unissant la ville à son port. De nos jours, elle est souvent le lieu d’expositions d’art. C’est tout ce qui reste d’une porte importante menant à la ville. Sur la place, vous trouverez également de nombreux cafés et restaurants.

Le Musée archéologique

Le Musée archéologique d’Héraklion, mondialement réputé, a été construit entre 1937 et 1940 sur un site qui, depuis l’ère vénitienne, était occupé par l’imposant monastère catholique de Saint-François et qui fut détruit par un séisme, en 1856. La collection du Musée est composée d’objets venant de toute la Crète. Le musée est fier d’exposer les trésors de la civilisation européenne la plus ancienne : la civilisation minoenne.

Autres sites d’intérêt

Le Musée d’Histoire d’Héraklion, sur la rue Sofoklis Venizélos, en face de la mer, retrace une histoire longue de 2 000 ans. Il a été fondé en 1952, dans un magnifique bâtiment datant du début du XXe siècle. Ses collections incluent d’importantes œuvres d’art datant du début de l’ère chrétienne, des objets en pierre et décoratifs d’origine romaine, arabe, byzantine, vénitienne et turque. On peut y trouver une maquette en bois, proposant une vue panoramique d’Héraklion médiévale, ou ‘Candia’, d’après le vénitiens (qui l’appelaient ainsi, à cause de son nom arabe, ‘El Khandak’). La maquette comporte de très beaux détails et, grâce à des spots automatiques, elle présente individuellement les emplacements de plusieurs lieux importants ayant trait au culte, à la défense et à l’administration. Certains de ces édifices existent encore et, parmi eux, quelques-uns sont encore utilisés. Les routes vénitiennes structurent encore la ville. Le Musée permet au visiteur de vivre un véritable apprentissage.
Vous lirez et verrez des documents du siège de la ville qui dura 21 ans (1648-1669) et s’acheva par l’invasion des Turcs ottomans et l’inauguration d’une période de désespoir. Il fallut des luttes pendant près de 250 ans avant que l’île n’obtienne son unification avec la Grèce. Les objets exposés les plus récents ont trait à l’unification au XXe siècle (1913), sous la direction d’Eleftherios Venizélos. D’autres salles présentent des documents des guerres plus récentes vécues par la Crète et de la Bataille de Crète, qui dura 10 jours, en 1941. Dans une autre pièce, une bibliothèque reconstituée est consacrée à Nikos Kazantzakis, l’auteur le plus renommé en Crète, qui exprime l’âme de Crète. Les restaurants aux alentours du musée offrent de l’ombre et de la bonne cuisine.

Les remparts de la ville

Héraklion est entourée de splendides remparts médiévaux qui avaient pour mission de protéger la ville contre ses ennemis. De ce fait, elle jouissait dans toute la Méditerranée d’une réputation d’un État bien fortifié. Elle résista pendant 21 ans au siège des Ottomans avant son invasion en 1669, trahie par un ingénieur Gréco-vénitien, qui fournit aux envahisseurs des renseignements sur les points faibles des remparts, aux bastions est et ouest. À présent, il est possible de se promener au sommet des remparts et d’admirer la vue sur la ville. Vous arriverez à la tombe de l’auteur Crétois Nikos Kazantzakis (1883-1957) où se trouve une inscription qui dit : « Je n’espère rien, je n’ai peur de rien ; je suis libre ».

Art

Au fil de sa longue histoire, Héraklion a produit des œuvres remarquables dans les domaines de l’architecture, de la sculpture et de poterie. C’est également le berceau de grands peintres et auteurs. L’île compte un nombre impressionnant de monuments contenant des peintures murales du XIe au XVe siècle.

Lors de la chute de Constantinople, mais aussi auparavant, plusieurs artistes célèbres ou inconnus se réfugièrent en Crète vénitienne. Les idées ainsi venues de la grande capitale rencontrèrent la tradition de l’île et y furent développées sur le plan artistique. La diffusion de l’École crétoise dans les Balkans et la région méditerranéenne (1450-1700) donna naissance à un important mouvement artistique. Celui-ci connut son plus grand essor au VIe siècle et s’estompa progressivement avec la chute de Candia (1669) et le début de l’occupation ottomane de l’île.

La présence artistique européenne occidentale eut une influence particulièrement importante sur la culture qui se développa en Crète au Moyen Âge et à l’aube de l’ère moderne. Malheureusement, la plupart des œuvres n’existent plus ou sont dégradées à un point tel qu’elles sont à peine reconnaissables. Les peintures ont été éloignées de Crète lorsque les Vénitiens quittèrent l’île, ou bien elles furent détruites. La plupart des édifices et leur décoration disparurent. Seul un petit nombre d’œuvres architecturales, significativement altérées, fut préservé, tout comme une petite partie des sculptures architecturales. De nos jours, parallèlement à sa croissance économique, Héraklion a déployé une activité artistique intense dans le domaine des évènements culturels et des expositions temporaires d’intérêt local, national et international, en collaboration avec plusieurs organismes grecs et étrangers. Chacun de ces évènements est encadré d’autres manifestations parallèles.

La peinture

Après la chute de Constantinople, en 1453, la production d’icônes portables joue encore un rôle important dans l’art religieux des populations orthodoxes. En effet, elle connaît un essor important, particulièrement en Crète vénitienne et à Candia, l’actuelle Héraklion. Plusieurs peintres quittent Constantinople et viennent s’établir à Candia. Ils y enseignent les secrets de leur art aux peintres du pays. Les modèles de peintures de la période des Paléologues sont souvent combinés à des éléments issus de l’art occidental, que les peintres Crétois connaissent grâce à leurs contacts avec des artistes vénitiens. Ces éléments formèrent la base de la peinture crétoise dont l’essor était important jusqu’à l’occupation de Candia par les Ottomans, en 1669. Après la conquête de Crète, les villes crétoises ont cessé d’être des centres artistiques importants. Toutefois, la réputation des peintres crétois perdura dans le monde orthodoxe même après la période de grande prospérité. Au XVIIIe siècle, l’activité artistique perdurait en Crète et les peintres de l’île continuaient de voyager pour se rendre dans d’autres régions. Cela signifie qu’il existait des centres régionaux, bien que d’importance moindre, où la culture de la maîtrise artisanale et, probablement, d’autres traits artistiques essentiels, se poursuivait.

La tradition de la peinture religieuse se poursuit de nos jours. Parallèlement à l’art traditionnel, une nouvelle génération d’artistes crée avec passion des œuvres qui marquent la recherche artistique de Crète. La Galerie d’Art municipale d’Héraklion – qui se trouve dans la basilique de Saint-Marc- propose des expositions permanentes d’œuvres de peintres crétois. Elle propose également des expositions temporaires d’intérêt local mais aussi international, en collaboration avec plusieurs organismes grecs et étrangers.

L’École crétoise d’iconographie byzantine

Après la chute de Constantinople, sous l’occupation vénitienne, Héraklion devient un des foyers artistiques les plus importants de l’État vénitien. Vers 1600, la ville comptait 20 000 habitants. À l’époque, 200 peintres travaillaient à Héraklion. Leur réputation dépassait les limites de l’île et leurs œuvres ornaient de grands centres monastiques situés, non seulement en Grèce, mais aussi dans tout l’Orient orthodoxe. C’est dans ce contexte que « l’École crétoise » prit progressivement forme. Les icônes et les manuscrits enluminés voyagent dans tout l’Orient vénitien et vers les centres monastiques orthodoxes majeurs. L’École crétoise de peinture byzantine crée des œuvres importantes que l’on peut admirer actuellement dans des musées, des monastères, des collections privées et publiques. Dans leur ensemble, elles forment un chapitre très important et unique de l’histoire de l’art. Malheureusement, après deux siècles de floraison (XVI et XVIIe siècles), l’essor de la Renaissance crétoise est violemment interrompu par l’occupation d’Héraklion (Candia) par les turcs.

Les principaux représentants de l’École crétoise de peinture byzantine sont : Angelos (XVIIe siècle), Michel Damaskenos (XVIe siècle), Domenico Theotokopoulos (XVIe siècle), Théophane le Crétois (XVIe siècle), Georgios Klontzas (XVIIe siècle) et Ioannis Kornaros (XVIIIe siècle).

Domenico Theotokopoulos ou El Greco

El Greco est une des personnalités les plus importantes de l’histoire de la peinture. Il est né à Héraklion (Candia) sous domination vénitienne, où il suivit ses premiers cours de peinture, jusqu’à l’âge de 20 ans. Ensuite, il se rendit en Italie et, malgré son jeune âge, il semble déjà se distinguer par sa maîtrise de la peinture byzantine : en effet, il apparaît déjà comme un peintre célèbre dans les archives de l’époque. À Venise, où il fait une première étape, il étudie aux côtés de Titien et perfectionne ses connaissances en peinture occidentale. Après un bref séjour à Rome, il s’établit en 1577 à Tolède, en Espagne, où il crée ses chefs d’œuvre. Toutefois, il ne cesse d’évoquer ses racines crétoises et signe toutes ses œuvres « Créée par Domenico Theotokopoulos le Crétois ». Profond connaisseur de la tradition académique byzantine mais aussi de la pensée de l’Antiquité grecque et de la Renaissance, il arrive à rendre dans ses œuvres la flamme secrète de la foi orthodoxe ainsi que ses visions personnelles. Aujourd’hui, à Héraklion, l’une des premières œuvres d’El Greco, le « Mont Sinaï », est exposée dans une salle spécialement aménagée du Musée d’Histoire.

Michel Damaskenos

Il s’agit probablement du peintre le plus important de l’École crétoise. Né à Héraklion (Candia) vers 1540, il apprit l’art de la peinture à l’école du Monastère de Sainte-Catherine du Sinaï. Ses œuvres sont caractérisées par la coexistence merveilleuse de la peinture byzantine et des techniques de la peinture occidentale et de l’art de la Renaissance. Son œuvre abondante est actuellement dispersée dans différentes collections, de la Cathédrale grecque orthodoxe de Saint-Georges, à Venise, et du Musée byzantin et chrétien d’Athènes, à la Collection byzantine du Monastère de Sainte-Catherine au Sinaï. Six de ses plus importantes icônes, qui appartenaient au Monastère Vrontisi, sont exposées au Monastère de Sainte-Catherine. En outre, il semble qu’il ait travaillé pour une longue période à l’atelier d’iconographie du Monastère.