Monastère d’Agios Panteleimonas | Locations

Monastère d’Agios Panteleimonas

  • MAP
  • LIKE

Le monastère d’Agios Panteleimonas se trouve à environ quatre kilomètres de Fodele, sur le flanc d’une colline à la riche végétation.

Le monastère d’Agios Panteleimonas dépend du village de Fodele. Il se situe à une altitude de 170 mètres, dans un paysage verdoyant. On y arrive en tournant à droite au km 21,5 de la route venant d’Héraklion et en empruntant une route de terre sur 3,5 km. De la forme d’une basilique, l’église possède deux nefs et est couverte d’une voute. La nef sud fut tout d’abord construite, en la mémoire de Panteleimon le guérisseur. Ensuite, l’église fut agrandie et la partie nord fut dédiée à la mémoire de Saint Antoine, en souvenir de l’ancien monastère. À droite de l’entrée principale est incrustée dans le mur l’inscription suivante : ΣΤΕΝΗ Η ΠΥΛΗ ΚΑΙ ΤΕΘΛΙΜΕΝΗ Η ΟΔΟΣ Η ΑΓΟΥΣΑ ΕΙΣ ΤΗΝ ΖΩΗΝ (Étroite est la porte et triste est la voie qui conduit à la vie) 1677. Cette inscription traduit l’inquiétude des Chrétiens de l’époque qui vivaient sous un régime de terreur.

Le monastère a été construit au début de l’occupation ottomane par les moines Makarios, Kosmas et Ieremias, venus de l’ancien monastère d’Agios Antonios, proche du village de Sises Mylopotamos, qui avait été détruit par les Turcs. À l’entrée du monastère se trouve une inscription datée de 1677. L’église possède d’intéressantes icônes, comme le Jésus-Christ (1837), l’Arbre de Jessé (1782) Saint Démétrios (1762), ainsi qu’une icône de Saint Georges réalisée par Tzortzis Kastrofylax.

En 1859, l’higoumène du monastère était Chatzis Neofytos Achladas, un ecclésiastique particulièrement actif qui veilla à l’enrichissement du monastère par l’acquisition de terres et qui participa à la bataille de Servili en 1866. L’higoumène lutta corps à corps contre les Turcs et survécut ; il se traîna jusqu’aux gorges d’Almyros, il guérit et put assister à la libération de la Crète. Il mourut en 1906.

En décembre 1866, Petropoulakis établit son état-major à Agios Panteleimonas et y entreposa 800 caisses de munitions qui avaient été amenées par les navires Panellinion et Ydra. Selon certains auteurs (Kalogeropoulos, Kyrou) qui ont étudié la vie de Domenico Theotokopoulos, le grand peintre crétois aurait appris ici l’hagiographie. Cela ne correspond cependant pas à la réalité puisqu’à l’époque où le peintre vivait en Crète, le monastère n’avait pas encore été construit.

Éléments historiques concernant le catholicon

Appelée « catholicon », l’église centrale du monastère est un point de référence puisque c’est là que se rassemblent tous les moines pour l’office. Le catholicon se trouve à peu près au centre du monastère, c’est une église à deux nefs, en forme de basilique. La nef nord est dédiée à Saint Antoine et la nef sud, la plus ancienne, à Saint Panteleimon.

Ce sont deux salles voutées qui communiquent par deux ouvertures, une grande au centre de l’église et une plus étroite dans le sanctuaire.

La forme actuelle du catholicon est le résultat de trois interventions. Tout d’abord, il y eut la nef de Saint Panteleimon, qui à l’origine atteignait l’arche ouest où se trouve aujourd’hui le chandelier. La date exacte de sa construction est inconnue, mais elle doit remonter à la fin de la période byzantine. Cette nef possède également une admirable iconostase en bois dont seule la partie supérieure subsiste et dont on distingue la feuille d’or qui la revêtait. Lors des fouilles et de la restauration en 2008, il est apparu qu’il ne devait pas y avoir de fresques car l’église avait été brulée par les Turcs (les traces de l’incendie du monastère en 1866 sont encore visibles sur l’autel). On a aussi trouvé une tombe de la période vénitienne (la tombe a été découverte profanée en 2008 et se trouve devant la porte de l’iconostase de Saint Panteleimon).

La deuxième nef, qui est dédiée à Saint Antoine, est plus récente. Selon la tradition, elle fut construite par trois moines, Makarios, Ieremias et Kosmas, venus du monastère d’Agios Antonios à Pera Galini, qui avaient échappé aux attaques des hommes de Hayreddin Barbarossa, le fameux pirate qui avait détruit Galini et massacré les moines en 1537. Les trois moines qui réchappèrent trouvèrent refuge ici, ils s’intégrèrent à la communauté de Saint Panteleimon et ils construisirent la deuxième nef en souvenir de leur ancien monastère. La nef fut inaugurée le 11 septembre 1881. Les trois moines sont enterrés à l’intérieur de l’église (leur tombe se trouve à la porte de la nef de Saint Antoine). Lors de la fouille des tombes en 2008, on a trouvé les os des trois moines, qui sont désormais conservés dans un étui en bois).

En 1861, le légendaire higoumène Neophitos Pediotis procéda à une troisième intervention : il agrandit et rénova le catholicon et il construisit le clocher qui se trouve sur le mur ouest. (Sur la porte de la nef de Saint Antoine, une inscription est gravée sur laquelle on peut lire, malgré les dégradations causées par l’érosion :

O K(T)ITO(Ρ) ΤΗC ΠΑΡΟΥΣΗS

ΝΕΟ(ΦΥ)ΤΟ(S) ΙΕΡΟΜΟΝΑΧΟS

ΠΕ(ΔΙΩ)ΤΗ(S) ΜΑ( ; )E

Une des plus importantes reliques du monastère est une partie du bras de Saint Panteleimon qui est conservée dans un étui en argent, orné de représentations en relief de la Vierge et du Saint. Il existe également quatre icônes du XVIIe siècle réalisées par Michail Damaskinos (la Parousie, la Danse des Saints, Saint Onuphre, Saint Gerasimos), ainsi qu’un Archange Michel, œuvre de la célèbre École crétoise.